jeudi 16 novembre 2017

11 Novembre 1997/11 Novembre 2017 20 ans de combats pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la Grande guerre de 14/18

Projet de Monument en hommage aux fusillés pour  l'exemple
Une centaine de personnes s'est rassemblée une nouvelle fois, ce samedi 11 novembre 2017 autour du Monument aux morts pacifiste de Primelin (Cap Sizun). Elles répondaient à l'appel de la Libre Pensée, de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) de la Confédération Nationale du Travail (CNT),du CRABES, du Mouvement de la Paix, des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la Guerre (4ACG) et de Fraternité Douarnenez. Elle exigeait une nouvelle fois que justice soit rendue aux 639 fusillés pour l'exemple, que la France agisse pour la Paix.

Entre 1914 et 1918, 639 soldats français ont été exécutés par des balles françaises pour : refus d'obéissance, mutilation volontaire, désertion, abandon de poste devant l'ennemi, délit de lacheté, mutinerie, menace de prostration. Sept d'entre eux étaient originaires du Finistère : Pierre PRIGENT (Ploaré), Yves GOANACH (Chateauneuf -du-Faou), François PENVERN (Relecq-Kerhuon), Bernard GUILLAUME (Pleyben), François HENAFF (Kerfeunteun), Pierre AUTRET (Audierne) et Pierre KERAUDREN (Brest). Une nouvelle fois leur réhabilitation collective vient d'être refusée par la Secrétaire d'Etat auprès du Ministre des Armées, Madame Geneviève DARRIEUSSECQ, alors que six conseils régionaux et 31 conseils généraux se sont prononcés en faveur de cette proposition .
Depuis le 11 novembre 1997 sans discontinuer, la Libre Pensée 29, ses partenaires associations et citoyens épris de paix et de justice participent à ce rassemblement pacifiste devant le Monument aux morts de Primelin. Comment ne pas s'approprier les mots de GIONO cités par le porte-parole de la CNT : « Je ne peux oublier que vous avez été des hommes vivants et que vous êtes morts, qu'on vous a tués au grand moment où vous cherchiez votre bonheur et qu'on vous a tué pour rien (…) Je ne peux pas oublier. Je ne peux pas pardonner (..) Je refuse d'obéir », les citoyens (GIONO).

La France est devenu le 3ème marchand d'armes du monde. Elle participe à de nombreuses opérations de guerre à l'extérieur de son territoire. Le budget 2018 augmente de 1, 7 milliard par rapport à celui de 2017. Les dépenses pour l'armement nucléaire vont doubler. Stop !

Face aux renoncements officiels, les citoyens épris de paix et de justice répondront à l'appel de la Libre Pensée et de ses partenaires en érigeant un monument en mémoire des fusillés pour l'exemple sur la ligne de front. Une souscription est ouverte-envoyons nos chèques à l'ordre de l'AEMHFE à l'adresse suivante : Nicole AURIGNY, 49 rue Quentin Barré 02100 Saint-Quentin .


Guerre à la guerre,

Réhabilitation des fusillés pour l'exemple !

Brest le 16/11/2017

dimanche 12 novembre 2017

Intervention de Patrick Le Thuault pour la Libre Pensée 29

Intervention de la Libre Pensée 29 par Patrick Le Thuault


Cher(e)s amis, cher(e)s camarades,


La fédération départementale de la Libre Pensée 29-Cercle Jean-Marie DEGUIGNET vous remercie de votre présence à ce rassemblement et remercie pour leur participation les organisations amies : les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG), l’Association Fraternité Douarnenez, la Confédération Nationale du Travail 29, le CRABES, le Mouvement de la Paix 29, l’Université Européenne de la Paix 29, un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme 29.
90 rassemblements comme le nôtre ont lieu dans toute la France pour réaffirmer l’inscription du monument aux morts de Gentioux  dans la Creuse, « Maudite soit la guerre », et exiger que soient réhabilités collectivement les 639 fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale, pour que justice leurs soit rendue ainsi qu’à leurs familles.
Notre manifestation d’aujourd’hui revêt pour nous un caractère particulier : c’est la date anniversaire du premier rassemblement pacifiste devant le monument de Primelin, il y a vingt ans, le 11 novembre 1997. Depuis, sans discontinuer, nous avons assuré l’existence de cette manifestation pour dire avec le libre-penseur Jean Jaurès, qui l’a payé de sa vie : « A bas la guerre !».
Deux conflits mondiaux en cent ans, qui ont fait chacun des dizaines de millions de morts civils et militaires, plus de 8 millions en 1914-1918, entre 40 et 52 millions pour 1939-1945, et la guerre est toujours là.
Au Moyen et Proche Orient, depuis l’intervention en Afghanistan, puis en Irak, puis en Lybie, puis en Syrie, les guerres n’ont semé que misère, destruction et morts ; elles ont jeté dans l’errance et les migrations des populations entières ; elles ont été le fumier qui a nourri le développement du terrorisme. En Syrie, 500 000 morts et 12 millions de déplacés. Un rapport d’Amnesty International dénonce à propos de la Syrie, -je cite-, « l’usage disproportionné et indiscriminé de bombardements massifs sur les zones résidentielles de Mossoul tuant des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ». Le même rapport accuse les forces de la coalition sous la conduite des Etats-Unis d’avoir multiplié les frappes contre les immeubles résidentiels de Mossoul, massacrant des familles entières, aucune mesure n’ayant été prise pour protéger la vie des populations, -je cite Amnesty International-, « au mépris des engagements humanitaires et des lois de la guerre ». On est loin, très loin des prétendues attaques ciblées contre les seuls combattants, sauf à considérer que les ennemis, ce sont aussi les populations civiles, les vieillards, les femmes et les enfants.

Raqqa, qui comptait 300 000 habitants avant l’offensive de la coalition, n’est plus qu’un champ de ruines, une ville fantôme. Selon les chiffres d’octobre dernier du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le HCR, sur les 300 000 habitants, 270 000 ont été déplacés. L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme quant à lui y dénombre 1 333 morts civils dont 213 femmes et 313 enfants, sans compter les blessés et ceux qui ont dû être amputés et sont maintenant handicapés. La guerre, c’est le non-droit, le carnage, la barbarie.



2 000 milliards de dollars ont été dépensés par les gouvernements des USA depuis septembre 2001 pour la guerre en Irak, en Syrie, en Afghanistan. L’Orient est sous la menace d’une conflagration. Donald Trump, le docteur Folamour de la Maison Blanche, président et marchand de canons, exulte. Après avoir livré du matériel anti-missile à la Corée du Sud, il présente la facture ; je cite : « J’ai informé la Corée du Sud qu’il serait approprié qu’ils payent. C’est un système à 1 milliard de dollars. C’est phénoménal, ça détruit des missiles en direct dans le ciel ». Dans le même temps, il dépêche le porte-avion nucléaire « Carl Vinson » en mer de Chine orientale.



Quant aux chefs d’état français, ils ne sont pas en reste et veulent se montrer les meilleurs petits soldats au service de l’impérialisme US, avec la peau des autres bien entendu. La France est devenue le troisième marchand d’armes au monde avec près de 40% de ses exportations militaires vers le Moyen-Orient. Elle participe à des opérations multinationales au sein de missions dirigées par l’OTAN, l’Union Européenne ou l’ONU. Entre 5 et 50 militaires sont employés dans des missions exclusivement africaines au Libéria, en République Démocratique du Congo, au Mali, en Côte d’Ivoire au Sahara. 450 militaires sont restés en République Centrafricaine après l’opération Sangaris. 3 750 militaires sont répartis entre le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon, Djibouti et les Emirats Arabes Unis dans le cadre d’accords bilatéraux. La France est engagée dans quatre opérations extérieures :

  • L’opération Barkhane dans le Sahel (sur les territoires de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad) avec 4500 militaires déployés depuis 2014.
  • L’opération Chammal en Syrie avec 4 050 militaires sur le terrain depuis 2014.
  • L’opération Daman au Liban qui mobilise 900 militaires dans le cadre de la FINUL, Force Intérimaire des Nations-Unies au Liban.
  • L’opération Baltic Air Policing avec 100 militaires répartis dans les trois états baltes, Lettonie, Lituanie, Estonie, pour une mission de contrôle et de police de l’air sous la direction de l’OTAN.



Succédant le 14 mai 2017 au belliciste président François Hollande, le belliciste président Emmanuel Macron annonce la couleur en se posant en chef des armées par un acte symbolique de remontée des Champs-Elysées, droit dans ses mocassins à l’arrière d’un command-car. Dans la foulée, il rebaptise le Ministère de la Défense, Ministère des Armées. Et joignant l’action politique à l’acte symbolique, il prépare un budget 2018 dans lequel celui des armées augmente de 1,7 milliards d’euros, soit de 5,6% pour atteindre 34,4 milliards d’euros à 1,82% du produit intérieur brut, étape vers les 2% réclamés par Trump. Le Figaro du 28 septembre 2017 parle, -je cite-, d’ « un effort inédit en faveur des armées ». Voilà cent ans plus tard le présent et l’avenir que nous réservent nos gouvernants, un présent et un avenir de guerres et de souffrances. Nous ne voulons pas de ce budget militaire.



Mais 2017, c’est aussi le centième anniversaire de la révolution d’octobre. Faut-il rappeler que la révolution s’est développée à partir des manifestations de femmes de février 1917 précisément sur les mots d’ordre de « la paix, le pain, la liberté et la terre ». Sur le front russe, des dizaines de milliers de soldats désertent ou se mutinent, des régiments entiers se rangent du côté de la révolution, pour la paix, en particulier à Petrograd. En France, les soldats du corps expéditionnaire russe, envoyés par le tsar avant son abdication, en échange d’armes, pour combattre aux côtés des troupes françaises, exigent d’être rapatriés en Russie, ce qui leur est refusé ; ils manifestent alors en arborant des oriflammes rouges et des banderoles sur lesquels il est écrit : « Vive les soviets des soldats, à bas la guerre ! ». L’état-major s’affole à l’idée que la révolte des soldats russes puisse donner l’exemple aux soldats français et décide de les isoler au camp militaire de La Courtine dans la Creuse. Le 26 juin 1917, les 10 300 soldats russes de la 1ére Brigade russe enfermés dans le camp se mutinent. Les 16, 17 et 18 septembre, l’armée française réduit la révolte ; il y aura entre 200 et 600 tués.



Entre 1914 et 1918, 639 soldats français sont fusillés pour refus d’obéissance, mutilation volontaire, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté, mutinerie et même « prostration », en un mot pour avoir refusé, ou n’avoir pas pu, combattre ceux de la tranchée d’en face. 7 sont nés dans le Finistère : Pierre Prigent né à Plouaré, Yves Goanach né à Chateauneuf-du-Faou, François Penvern né au Relecq-Kerhuon, Bernard Guillaume né à Pleyben, François Hénaff né à Kerfeunten, Pierre Autret né à Audierne, Pierre Keraudren né à Brest. Nous rendons hommage à leur mémoire. Ils nous indiquent la voie à suivre, celle de la fraternisation entre les peuples. C’est pour cela que nous voulons leur réhabilitation ; et c’est précisément pour cela que les gouvernants ne veulent pas la prononcer. La possibilité de la réhabilitation vient encore d’être écartée par Madame Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès du ministre des armées au prétexte que la réhabilitation juridique au cas par cas n’est pas possible, alors que ce que nous demandons, c’est la réhabilitation collective. Face aux renoncements officiels nous rendrons hommage, honneur et justice aux 639 fusillés pour l’exemple en érigeant sur la ligne de front un monument à leur mémoire. Nous mettons à votre disposition un document sur cette question. Le peuple ne veut pas de la guerre, il veut la paix et la fraternité, il veut le droit de décider de son propre sort, hier et aujourd’hui, ici et ailleurs, en Afrique, en Palestine, en Catalogne et partout.



Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,



Je ne peux pas terminer cette allocution sans saluer la victoire remportée par la fédération de la Libre-Pensée du Morbihan contre la réaction cléricale de la commune de Ploërmel. Rappelons les faits :

  • Le 28 octobre 2006, le conseil municipal de Ploërmel décide d’accepter le don d’une statue en bronze représentant Karol Wojtyla dit Jean-Paul II, et de la sertir, avec l’autorisation du sculpteur, dans une arche surmontée d’une croix. L’ensemble est implanté sur une place publique de la commune.
  • Les 6 avril et 26 juin 2012, les libres penseurs du Morbihan engagent une action en justice pour qu’en respect de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat, l’ensemble soit déplacé dans un lieu privé ou soit débarrassé de sa croix.
  • Le 25 octobre 2017 le conseil d’Etat prend un arrêt qui fait droit à leur requête.

Nous avons soutenu cette action de la Libre Pensée morbihannaise, en particulier par des dons financiers. Notre modeste contribution nous autorise à dire que nous avons participé à cette victoire de la laïcité. Cela ne peut que nous encourager à poursuivre et amplifier nos combats.


habilitation de tous les fusillés pour l’exemple !

Guerre à la guerre !

Ni dieu, ni maître !

A bas la calotte !

Vive la sociale !


Je vous remercie.

Le monument aux morts de Primelin, un monument aux morts pas comme les autres




Primelin un enfant qui repousse ces blocs, c'est à dire les guerres
Primelin est un bourg situé à la pointe du Finistère non loin d'Audierne. Dans les années 90, la municipalité s'est adressée à deux sculpteurs, Véronique MILLOUR et Philippe MEFFROY¹ afin qu'ils proposent une maquette pour un monument aux morts. Jusque-là le monument n'était qu'un assemblage de plaques de marbre gravées portant le nom des victimes tuées à la guerre. C'est notamment pour répondre au souhait des Anciens Combattants que fut envisagée l'érection d'un nouveau monument. Les sculpteurs écrivent dans un courrier qu'ils nous ont adressé:
« (...) Eux [les Anciens Combattants] voulaient perpétuer le souvenir mais lorsque nous leur avons présenté une idée d'espérance et non plus de chagrin, d'avenir et non plus de passé, l'idée d'un enfant repousse ces blocs, c'est-à-dire les guerres (résultats d'incompré-hensions, de haines, de luttes pour le pouvoir...) et qui parvient à les ébranler. Ils ont bien aimé cette idée, comprenant bien que nous ne faisions d'aucune façon injure à leurs morts.
La symbolique n'est pas celle d'un enfant qui se heurte à un mur et dont l'avenir est bouché mals d'un enfant qui refuse, qui agit et espère ... »

Ce monument atteste de la force du courant pacifiste actuel et de cette conviction que les guerres contre les peuples ne peuvent rien régler. La réalisation du monument de Primelin est d'autant plus émouvante que sans qu'il y ait nécessairement référence consciente à ce puissant rejet populaire de la guerre qui a marqué la fin de la première guerre mondiale, les artistes ont exprimé dans leur création un sentiment du même type en l'enracinant dans le présent et dans l'avenir, ce qui fait que le monument de Primelin est plus un « monument de vie» qu ' un monument aux morts. Il répond en cela aux convictions de nombreux libres penseurs et pacifistes . C'est ainsi qu' un de nos camarades libre-
penseur de la Corrèze² a pu recueillir des informations, en quelque sorte officieusement grâce à la ténacité et à la persévérance de ses
amis bretons, sur cette réalisation. Notre camarade, malgré les difficultés rencontrées, n'a pu s'empêcher de raire connaître, dans une lettre au maire de Primelin³, « le formidable choc émotionnel » ressenti devant le monument : «D'entrée, le lien s'établit avec cet autre enfant de GENTIOUX et je compris qu'if n'était plus seul portant chacun leur message, se complétant l'un l'autre. [. . .j L'enfant faisant s'écrouler le mur des guerres, quel symbole, à l'heure où le canon tonne dans 85 pays de la planète et où la barbarie, allant de la machette ou de la hache à l'engin le plus perfectionné, éclate à nos portes.
Raison et sagesse encore près du mur écroulé. Ces deux plaques de vos disparus tellement chargées qu'il n'y a plus de place pour inscrire d'autres noms et, clé de voûte et formidable symbole, surtout, ce dernier bloc que l'enfant nous impose de ne jamais monter.
[...] Cet enfant, ses symboles, tout ce qu'il représente n'est plus seulement le vôtre, son message s'adresse à tous les enfants du monde.
Cet enfant appartient à l'
HUMANITÉ toute entière.
[...] PRIMELIN et son enfant, avec tout ce qu'il représente et tout ce
qu'il impose (ne pas reconstruire le mur et ne jamais monter le dernier bloc) n'est pas seulement
à vous ; son message est passé, ce nom est d'ores et déjà connu bien au-delà de nos frontières car partout où il y a des guerres, il faut que des enfants disent MAUDITE SOIT LA GUERRE et comprennent pourquoi il ne montera plus aucun bloc sur le mur écroulé de PRIMELIN.
[...] Avec lui, grâce à lui, nous allons bâtir des MONUMENTS DE VIE. Ce sera le plus beau et le plus grand message pour passer de la DER des DER à l'enfant de Primelin. »
Le monument a été inauguré le 11 novembre 1994

coupure de presse
Notes
1-Nous remercions Véronique Millour et Philippe Meffroy de nous avoir autorisés à rendre public tout ou partie de leur lettre.
2-Emile Maurie.
3-Lettre datée du 19 avril 1999 et dont Emile Maurie nous a adressé une copie. Dans cette lettre EM cite le monument de Strasbourg qu'il décrit ainsi : « une mère tenant sur elle deux enfants morts, l'un ayant la tête tournée vers la France et l'autre vers l'Allemagne, ouvrant ainsi la dimension internationale. »

Ce texte de présentation du monument aux morts de Primelin (29), un monument aux morts pas comme les autres, est extrait de l'ouvrage de Danielle et Pierre ROY « Autour de monuments aux morts pacifistes en France » éditée par la Fédération Nationale Laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux édité en 1999 et réédité en 2006



mardi 17 novembre 2015

Quelques photos du rassemblement du 11 novembre 2015 à Primelin






Le 11 novembre 2015 dans la presse

Ouest France le 12 novembre 2015



Le Télégramme le 14 novembre 2015


Discours de la Libre Pensée 29 le 11 novembre 2015


« La liberté commence où l’ignorance finit »

Victor Hugo – Poème Océan dans La Légende des siècles

Amis, Citoyens, Camarades,

Je vous apporte ici le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée et je remercie les associations amies présentes.

Il y a 101 ans commençait la plus effroyable des guerres qui allait dévaster le monde, le continent européen et les peuples. Le bilan est celui d’une barbarie jamais égalée à l’époque et qui sera amplifiée dans les guerres suivantes.

Il y eut 70 millions d’hommes mobilisés sous l’uniforme, 10 millions de soldats tués, 9 millions de civils assassinés. Un soldat sur 10 a connu l’emprisonnement dans les camps pendant la guerre. En France, ce sont 1 400 000 de soldats tués, 300 000 civils assassinés et 4 300 000 soldats blessés. La saignée fut telle que la France a perdu un quart de ses hommes de 18 à 24 ans.

La guerre ravageait tous les pays. Par exemple, il y eut entre 2,5 et 5 millions d’Ottomans tués, soit de 20 à 40% de la population de l’Empire. Avant 1914, les Arméniens représentaient 20% de la population anatolienne. Après 1915, ils n’étaient plus que 2%.

Il y a 101 ans, les économies et les pays furent ruinés dans cette gigantesque barbarie. Les dépenses de guerre représentaient, durant le conflit, un quart des budgets des Etats en conflit. Le paradoxe, mais en est-ce un véritablement ?,  est que cette guerre fut d’abord européenne et déboucha sur la ruine de l’Europe. Deux géants allaient naître de ce conflit : les États-Unis et la Russie soviétique.

Les Etats-Unis d’Amérique furent les véritables gagnants de ce conflit. Avant-guerre, ils étaient classés économiquement derrière le Portugal et militairement, ils furent battus par Pancho Villa dans le conflit avec le Mexique. Après la Première Guerre mondiale, ils commençaient à dominer le monde et à imposer leurs intérêts sur tous les continents.
Le capitalisme portait en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.

Mais de cette guerre abominable allait aussi naître le mouvement des peuples qui, des décennies plus tard, mettrait en branle l’indépendance de l’Afrique du Nord, de l’Afrique noire et de l’Asie. Les troupes dites coloniales, soit 600 000 hommes, avaient pu mesurer les faiblesses des armées impérialistes. Les colonisés engageaient un mouvement où ils allaient surmonter leur peur pour gagner leur liberté.

Il y a 101 ans, durant tout le conflit, des centaines de milliers de chinois, d’indochinois, de marocains, de tunisiens, d’algériens et de malgaches furent littéralement déportés de leurs pays d’origine pour travailler dans les usines à l’arrière du front. Ils avaient interdiction de se mélanger aux autres travailleurs, car le Service des travailleurs coloniaux au Ministère de la guerre craignait, je cite textuellement : « qu’ils ne prennent goût aux boissons fortes et aux femmes blanches et ne découvrent les grèves et les syndicats ». Pas de chance ! C’est ce qui arriva précisément.

Dans le déclenchement du conflit les torts furent largement partagés entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie d’un côté et la Triple Alliance (France, Grande –Bretagne, Russie) de l’autre. Chacune des puissances voulaient gagner des parts de marchés et accroitre sa domination coloniale sur les peuples opprimés. On croyait mourir pour la Patrie, on mourait pour les industriels.